13 novembre 2025
Cinq heures du matin
Paris s’éveille
Et déjà, un portable sonne dans la nuit.
Le commissaire Dominique Nicolaï sort d’un rêve lourd, d’un souffle court.
Un appel.
Un meurtre. Et la journée commence.
C’est ainsi que Bernard Laboureau nous entraîne dans Triple Face,
une nouvelle enquête du commissaire Nicolaï —
corse de sang, parisien d’adoption, et flic usé par la vie.
Un roman noir comme un café froid au petit matin,
où les crimes les plus sombres se mêlent à la fatigue du quotidien,
et où l’humour, parfois, sert d’ultime bouclier.
Tout commence dans un hôtel quatre étoiles,
avec un cadavre nu, un détail macabre,
et une scène qui glace le lecteur.
Mais ce n’est là que la première face de l’histoire.
Car Triple Face, comme son titre l’indique,
joue sur les miroirs :
ce qu’on croit voir, ce qu’on tait, et ce qu’on porte en soi.
Laboureau excelle à mêler le réalisme du polar à une veine humaine, presque fragile.
Ses dialogues claquent comme au commissariat,
ses personnages respirent le vrai :
Nicolaï, Thierry, Betty, et tous ces seconds rôles qui peuplent un Paris tantôt poisseux, tantôt touchant.
Mais derrière les blagues, les rapports et la routine des enquêtes,
il y a les blessures invisibles :
celles du passé, de la honte, du désir, de la perte.
Car ici, chaque crime est un miroir tendu à la société,
et parfois, au lecteur lui-même.
L’écriture de Bernard Laboureau ne cherche pas l’effet.
Elle va droit au cœur, là où le réel devient humain.
C’est ce mélange rare : la précision du flic, et la pudeur du poète.
Triple Face est un polar dense et sensible,
où la vérité a toujours plusieurs visages.
Un roman qui ne se contente pas de résoudre une enquête,
mais qui scrute l’âme de ceux qui la mènent.
Dans le brouillard du petit matin,
le commissaire Nicolaï poursuit sa route,
fidèle à lui-même,
à sa fatigue, et à sa lumière.