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Menton - Paris - Beijing

Aujourd'hui je vous parle du roman Menton - Paris – Beijing de Gisèle Deloof.

Menton.
Ses citrons.
Ses ruelles en pente douce vers la mer.

Paris.
Le Marais.
Un café où l'on se chamaille.

Et quelque part, très loin, Pekin.
Le désert de Mongolie.
Le silence.

Entre ces trois points du monde, une histoire d'amour qui n'ose pas dire son nom.

 Tilly est une jeune auteure, mentonnaise.
Le cœur blindé depuis une trahison passée.
Elle vit entre ses chats, sa filleule Audrey, ses manuscrits.
La solitude comme forteresse.
L'humour comme rempart.

 Et puis il y a Marc Lombard.
Écrivain célèbre.
Macho assumé.
Séducteur de blondes.
Provocateur né.
Tout ce que Tilly déteste.
Tout ce qui va la faire rire, l'exaspérer... et peut-être la faire vaciller.

 Entre eux, la guerre des mots.
Subjonctifs imparfaits. Réparties ciselées.
Ils se chamaillent, se toisent, se cherchent.
Et derrière les joutes, quelque chose se tisse.
De plus fragile. De plus vrai.

 Au cœur du roman, il y a Hélène.
La tante de Marc.
Vieille dame du Marais, qui devient pour Tilly la mère qu'elle n'a jamais eue. Entre elles, une tendresse pudique.
Lumineuse. Le fil d'or du livre.

Gisèle Deloof écrit comme on respire.
Avec naturel. Avec rythme.
Les dialogues fusent.
Les pensées de Tilly, entre guillemets, nous ouvrent sa tête.
Ses doutes. Ses colères. Ses éclats de rire intérieurs.
On rit souvent. On s'attache toujours.

 Et quand Marc s'envole vers Pékin, c'est l'absence qui parle.
Derrière les bravades, la même peur pour tous deux.
Se tromper encore. Aimer mal. Aimer trop.

 Menton - Paris - Beijing, c'est plus qu'une comédie romantique.
C'est un roman sur l'attente. Sur la reconstruction.
Sur ces familles qu'on se choisit quand la vie n'en a pas donné.

 On referme ce livre avec le sourire.
Et cette certitude douce : l'amour, parfois, arrive par effraction.
Il suffit de baisser la garde pour le laisser entrer.