
8 avril 2026
1764.
Le Gévaudan tremble.
Une créature rôde dans les campagnes, dévore les bergers, glace les villages.
On l'appelle la Bête.
Et tout le monde a peur.
Sauf peut-être une jeune femme. Une marquise épileptique, que sa propre famille tient à l'écart comme on cache une honte.
Elle s'appelle Athanasie.
Et ce roman, c'est le sien.
Les Ombres du Gévaudan, de Coralie Duperrin. Un roman historique auto-édité,
qui emprunte la légende de la Bête pour raconter une autre chasse : celle d'une femme en quête d'elle-même.
L'autrice construit son récit en trois mouvements.
La Marquise. La Bohémienne. La Sorcière.
Trois noms. Trois vies. Une seule femme.
Athanasie traverse le XVIIIe siècle comme on traverse un feu : en y laissant ce qu'elle n'était pas, pour garder ce qu'elle est vraiment.
Ce qui frappe d'abord, c'est l'écriture.
Précise, vivante, documentée sans être pesante.
Coralie Duperrin a parcouru les archives, les carnets de voyage, les traités d'époque.
Et pourtant, rien ne sent la leçon d'histoire.
Tout sent le réel.
Un réel habité par des personnages qui respirent, qui doutent,
qui aiment avec maladresse et courage.
Il y a Rosaline, la servante fidèle, dont la loyauté n'est jamais de la soumission.
Il y a Tobias, un bohémien nerveux, dont les mains tressaillent sans cesse comme s'il ne pouvait pas s'arrêter de vivre.
Il y a la Vieille, figure de sagesse sans cliché.
Et il y a la Bête elle-même, vue de l'intérieur, dans des chapitres qui font frissonner.
Mais ce roman dit bien plus que l'aventure. Il dit : à quelle condition devient-on soi-même, quand le monde entier a décidé de ce que vous deviez être ?
Athanasie est épileptique dans un siècle qui voit le Diable dans ses crises.
Elle est femme dans un monde qui ne lui laisse aucune place.
Et pourtant elle avance.
Et pourtant elle choisit.
C'est cette obstination tranquille qui fait de ce roman bien plus qu'un récit d'époque.
Une traversée.
Un acte.
Les Ombres du Gévaudan - un premier roman qui porte en lui la force tranquille des commencements.