
27 mai 2026
Et si mourir était ce qui donnait du prix à la vie ?
Et si en supprimant la mort, on supprimait en même temps tout ce qui méritait d'être vécu ?
C'est la question que pose Céline Raphaëlle dans cette dystopie de science-fiction.
Et elle en tire toutes les conséquences.
Les Faucheuses Partie 1 nous projette en 2058.
Huit ans plus tôt, l'humanité a découvert son immortalité.
Plus personne ne meurt. Pas même les meurtriers, les tortionnaires, les agresseurs.
Le Conseil Planétaire a tiré les conséquences : si la vie n'a plus de fin, les crimes contre la vie ne comptent plus vraiment.
Seule la planète est protégée. Tout le reste, on laisse faire.
Dans ce monde-là, Tico grandit auprès de Rognard, flic adoptif qui continue d'exercer parce qu'il ne sait pas faire autre chose.
Zinnie survit avec sa colère, son passé d'orphelinat et sa chaîne de vidéos qui lui tient lieu de famille.
Quand leurs tuteurs disparaissent en Italie lors d'un road trip clandestin, la question de savoir ce qui leur est vraiment arrivé commence à s'imposer à eux.
Et avec elle, des pans entiers de leurs histoires qu'ils n'avaient pas encore eu à affronter.
Ce qui retient dans ce roman, c'est sa colonne vertébrale thématique.
L'immortalité, ici, ce n'est pas un cadeau. C'est un deuil.
Le deuil de ce qui donnait du sens à chaque geste, à chaque choix, à chaque amour.
Et les personnages portent ce deuil avec une vérité d'émotion qu'on ne trouve pas souvent dans le genre.
L'écriture est directe, rythmée, sans ornement inutile.
Elle construit son monde par accumulation de détails concrets plutôt que par grandes déclarations.
On y croit. On s'y installe. Et on tourne les pages avec cette impatience propre aux bons feuilletons :
celle de savoir ce qui attend au tournant suivant.
Les Faucheuses, Partie 1, de Céline Raphaëlle.
Une dystopie qui mord. À lire et à attendre la suite.